Vous avez toujours rêvé de vous promener dans un décor de cinéma ? De parcourir des panoramas iconiques ailleurs que dans les salles obscures ? A Bruxelles, rien de plus facile ! De Chantal Akerman à Jaco Van Dormael en passant par Adil El Arbi et Bilall Fallah ou Sophie Barthes, nombreux.ses sont les réalisateur.ices à avoir choisi la capitale, ses rues et son architecture pour tourner leurs films. De lieux incontournables en pépites architecturales plus confidentielles, voici quelques idées pour vous balader dans Bruxelles en mode septième art, pour réviser vos classiques et, pourquoi pas, voyager dans le temps !
1. Place Poelaert - “Dikkenek” (2006) Olivier Van Hoofstadt
Pour se mettre en jambes, commençons par un endroit doublement culte : la Place Poelaert. Adossée au vénérable Palais de Justice et offrant un panorama imprenable sur Bruxelles, son potentiel cinématographique n’a pas échappé au réalisateur Olivier Van Hoofstadt. Il y tourne une des scènes les plus drôles de Dikkenek, quand son héros, le truculent Claudy Focan, se fait « carjacker » sa voiture. Sa réplique « On est Place Poelaert ici grand, pas sur la Croisette » restera dans les annales. Ceci-dit, même sans la mer Méditerranée, les couchers de soleil y sont aussi splendides que sur la riviera !
2. Les arcades du Cinquantenaire - “Fils de Joie” (2022) – Henry Scholfield, Stromae
Autre figure incontournable du patrimoine bruxellois, les arcades du Cinquantenaire déploient leur impressionnante silhouette dans le parc du même nom. Erigées à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Indépendance de la Belgique, elles sont quasiment de tous les plans dans le clip de la chanson Fils de Joie de Stromae. La vidéo tire parti de leur monumentalité, pour mieux mettre en scène une très solennelle cérémonie d’enterrement. Résultat, un clip ayant mobilisé plus de 500 figurants et que le chanteur qualifie de « plus ambitieux de sa carrière ».
3. Bois de la Cambre - “Supercondriaque” (2014) Dany Boon
Véritable poumon vert de la capitale, le Bois de la Cambre et sa canopée ne pouvaient que faire partie des lieux stars de notre sélection. Le réalisateur Dany Boon, par ailleurs friand de tournages en Belgique (les rues de Chimay ou de Namur en font partie !), a choisi les vertes pelouses du parc bruxellois pour une scène de jogging d’anthologie dans sa comédie déjantée Supercondriaque. Les plus observateurs reconnaîtront même la silhouette du Chalet Robinson à l’arrière-plan !
4. Basilique de Koekelberg – “1985” (2023) Wouter Bouvijn
Au rang des plus grandes églises du monde, elle se classe 5e et remporte également la palme du plus grand bâtiment Art déco jamais édifié ! Avec toutes ces distinctions (et vous a-t-on parlé de la vue imprenable sur la capitale et ses alentours ?) il semblait évident de retrouver la Basilique de Koekelberg sur grand écran ! C’est chose faite puisqu’elle figure dans la série 1985. Ce drame policier, tourné en grande partie à Bruxelles et basé sur des faits réels, évoque les tueries du Brabant dans les turbulentes années 1980.
Chantal Akerman, une réalisatrice bruxelloise à l’honneur
En décembre 2022 la réalisatrice belge Chantal Akerman faisait les gros titres. Son film, " Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles”, intégralement tourné à Bruxelles (comme son titre l’indique !) vient d’être élu meilleur film de tous les temps par la revue britannique Sight and Sound. Quelques mois plus tard, une fresque hommage, tirée du film mythique est réalisée, au cœur du quartier des quais et à proximité du lieu de tournage du film !
5. Matongé - “Black” (2014) Adil El Arbi, Bilall Fallah
Animé, cosmopolite et gorgé de saveurs d’ailleurs, Matongé est LE quartier congolais de Bruxelles. Situés entre la Chaussée de Wavre et la Porte de Namur, ses étals, ses boutiques et ses galeries à l’énergie si particulière ont inspiré Adil El Arbi et Bilall Fallah, les réalisateurs de Black. Sorti en 2014, ce long métrage a défrayé la chronique en relatant les rixes de gangs rivaux sur fond d’histoire d’amour passionnelle. D’un réalisme percutant !
1. Les Cités-Jardin Le Logis et Floréal de Boitsfort – “Toto le Héros” (1991) Jaco Van Dormael
Véritables petits villages dans la ville, les cités-jardin Le Logis et Floréal nous plongent en plein cœur des années 30. Avec leur style cottage tout à fait charmant, leurs rues plantées de cerisiers du japon et leurs volets aux couleurs pop elles semblent tout droit sorties d’un conte pour enfant. C’est justement aux numéros 12 et 14 de la rue du Friquet que le réalisateur Jaco Van Dormael a filmé l’enfance du personnage principal de son film : Toto le Héros. Drôle et poétique, la scène des tulipes dansantes (tournée dans l’un des jardins de la cité ouvrière) a marqué les esprits.
2. Villa Empain - “ Le fidèle ” (2016) De Michaël R. Roskam, 2016
Prenez des courses automobiles époustouflantes, ajoutez des affaires de grand banditisme et une histoire d'amour incandescente, mélangez le tout avec brio et vous aurez : Le Fidèle ! Signé par Mickael R. Roskam ce drame mêle action et passion. Parmi les séquences tournées à Bruxelles, on retient la scène de fusillade dans le grand Hall en marbre de la Villa Empain. Résidence mythique du fameux Baron éponyme, cette maison abrite aujourd'hui les activités de la Fondation Boghossian, centre d'art et de dialogue entre les cultures d'Orient et d'Occident. A l’écran, le contraste entre l’architecture raffinée de l’édifice Art Déco et la violence de l’intervention armée est troublant de beauté.
3. Les Galeries Royales Saint-Hubert - “The Danish Girl” (2015) Tom Hooper
Depuis plus de 175 ans, les Galeries Royales Saint-Hubert déploient leur architecture grandiose au cœur de Bruxelles. Avec leur verrière aux allures de « crystal palace », leur architecture de fer et de verre ponctuée de clins d’œil à la Renaissance italienne, elles sont (et à plus d’un titre) l’un des joyaux de la capitale. On retrouve leur incroyable perspective (de 213 mètres de long !) dans l’émouvant film biographique The Danish Girl. Matthias Schoenaerts et Alicia Vikander y déambulent avant de s’installer au café La Mort Subite, pour un tête à tête autour d’une bouteille de Meursault.
4. Béguinage - “Les Misérables” (2018-2019) Andrew Davies
Avant d’incarner Emily in Paris, Lily Collins fut d’abord Fantine à Bruxelles. Si le roman Les Misérables prend le Paris de la Révolution de 1830 pour décor, une partie de la mini-série inspirée du chef d’œuvre de Victor Hugo a été tournée (en partie) à Bruxelles. Jean Valjean, Javert ou Cosette ont ainsi pu déambuler devant la façade baroque italo-flamande de l’église Saint Jean-Baptiste au Béguinage ou sur les vertes pelouses du parc de Bruxelles.
Le 7e art, 6 pieds sous terre !
Qui a dit que les cimetières n’étaient pas photogéniques ? A Bruxelles, ces beaux endormis offrent des décors hors du temps. Couvert de végétation, le Cimetière du Dieweg est abandonné depuis 1958, ce qui donne à ses allées un charme sans pareil. Autre cimetière, autre ambiance : celui de Laeken accueille les VIP bruxellois (dont les membres de la famille royale) à l’ombre de la splendide église gothique attenante. Les films Bonhoeffer (2023), Le fidèle (2016) ou encore Mon ange (2004) y ont notamment été tournés.
5. Théâtre du Vaudeville - “ Grond ” (2022) Mathieu Mortelmans, Adil El Arbi et Bilall Fallah
Les « sériephiles » avertis ont certainement entendu parler de Grond, tragi-comédie déjantée 100% belge. On y suit les aventures de deux amis, Ismaël et JB, loosers attachants et rois des inventions ratées. La série s’empare de sujets profonds tels que le deuil et le rapatriement des défunts de la Belgique au pays du Maghreb, sans jamais perdre son sens de l’absurde. On retrouve nos entrepreneurs en herbe sur les fauteuils de velours rouge du Théâtre du Vaudeville lors d’une désopilante scène de remise de prix. Ce théâtre classé monument historique et lové dans la Galerie de la Reine, existe depuis 1884.
1. Aegidium - “ La french ” (2014) Cédric Jimenez
Imaginez un lieu à la splendeur décatie, où les peintures s’écaillent, la poussière ternit l’éclat des lustres et dont la visite a le goût savoureux de l’exploration. Haut lieu de la vie nocturne bruxelloise des années folles, transformé en salle paroissiale avant d’être laissé à l’abandon pendant 40 ans, l’histoire de l’Aegidium est aussi contrastée que son architecture. On imagine très bien ses portes en miroir et ses ornements en faux marbre figurer dans un film de gangsters sulfureux. Cédric Jimenez aussi, puisqu’il choisit son escalier monumental et sa salle de bal comme décor pour une scène de La French. On y retrouve le Gilles Lellouche en parrain de la mafia marseillaise et Jean Dujardin en magistrat pugnace.
2. Quartier Fort-Jaco – Brasserie Georges - “Momo” (2017) Sébastien Thiery et Vincent Lobelle
Calme et huppé, le quartier Fort Jaco aligne rues arborées, villas 4 façades, maisons d’architectes et jardins soignés. C’est dans cette zone très chic d’Uccle que Sébastien Thiery et Vincent Lobelle ont posé leurs caméras pour shooter Momo, une comédie à la française inspirée d’une pièce de boulevard. L’histoire commence quand un couple de bourgeois, incarné par Christian Clavier et Catherine Frot, voit son quotidien bien rangé bouleversé par l’arrivée d’un homme malentendant qui prétend être leur fils…
3. Ancien siège social des Cimenteries Belges Réunies (CBR) – Fosbury & Son’s – “The Pod Generation” (2023) Sophie Barthes
Comédie d’anticipation, The Pod Generation se déroule dans un futur proche où l’intelligence artificielle est prépondérante et les enfants sont conçus dans des œufs connectés. Sous son apparente légèreté, le film s’empare de sujets profonds tels que la parentalité, la parité ou l’emprise de la technologie sur nos vies. Il n’est pas étonnant d’y retrouver l’architecture brutaliste et complètement futuriste de l’Ancienne CBR, dont les iconiques fenêtres cuivrées sont du meilleur effet. Signé par le duo d’architectes Constantin Brodzki and Marcel Lambrichs, l’immeuble est entré dans l’histoire en 1980 lorsqu’il est élu parmi les bâtiments les plus emblématiques de l’Architecture Moderne !
4. Ultra Asylum - “The Pod Generation” (2023) Sophie Barthes
Avec ses volumes ronds, ses fenêtres comme des hublots et ses murs immaculés, Ultra Asylum évoque un vaisseau spatial à l’esprit 70’s. Cet espace « extra-terrestre » unique à Bruxelles, a été signé par le starchitecte belge Renaud Dejeneffe, connu pour ses villas de rêve aux lignes minimalistes. C’est dans ce vaisseau 2.0 aux espaces feutrés que l’on retrouve le couple de The Pod Generation, alors qu’ils prennent la décision d’effectuer la gestation de leur futur enfant dans un « pod », un œuf en plastique connecté et ultra moderne. Un lieu futuriste, où le luxe et l’inattendu trouvent un point d’entente.
5. Chapelle Horta (Hôpital Brugmann) - “1985” (2023) Wouter Bouvijn
L’univers médical et les lignes de l’Art nouveau vous semblent inconciliables ? L’hôpital Brugmann a pourtant été conçu par l’architecte star de ce mouvement à Bruxelles : Victor Horta. Avec son style éclectique teinté d’Art nouveau cet édifie atypique a très certainement fait sortir son créateur de sa zone de confort ! Pour les différents pavillons de ce complexe hospitalier, il a habilement joué avec les briques qu’il érige en motifs. C’est le cas de la superbe Chapelle Horta dont la façade et les absides, sont rehaussées de frises décoratives blanches. Cet édifice historique classé a été choisi par le réalisateur Willem Wallyn lors du tournage de 1985.
6. Cité Hellemans - “Black” (2014) Adil El Arbi, Bilall Fallah
Avec un jeu d’arcades qui crée de belles perspectives et l’aura chaleureuse que dégagent ses façades en briques jaunes et rouges, la Cité Hellemans est le rayon de soleil des Marolles. Daté des années 1915, cet ensemble de 272 logements sociaux à l’unité architecturale saisissante, résonne particulièrement bien avec l’ambiance bigarrée de ce quartier populaire. Les photographes chérissent son décor unique tout autant que les réalisateurs. C’est d’ailleurs ici que Mavela, la jeune héroïne du film Black (dont nous parlions déjà plus haut), habite avec sa mère. Filmée à son balcon, avec un panorama sur les blocks de briques adjacents, elle nous fait penser à une Juliette bruxelloise contemporaine.
Découvrez Bruxelles en 7 films
Vous aimez Bruxelles, ses trésors architecturaux, ses musées, ses parcs, ses habitants ? Quoi de mieux que de les retrouver au détour d’un film !