Bruxelles et son patrimoine face aux changements climatiques

Etangs d'Ixelles et église Sainte-Croix

Une fois n’est pas coutume, abordons une thématique parfois délicate mais d’une grande actualité : celle du patrimoine de la ville dans ses rapports avec le climat.

De diverses façons, l’urbanisme et la ville en général s’adapte aux nouvelles exigences en la matière. Concrètement, ça donne quoi à Bruxelles ?

Promenons-nous dans la forêt de Soignes !

Vous connaissez certainement la forêt de Soignes, cette impressionnante zone verte investissant les 3 régions du pays ? Savez-vous aussi qu’elle est inscrite — en partie — sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ? Introduite à la fin du 18e siècle, elle recouvre aujourd’hui 4.400 ha. Les hêtres centenaires qui peuplent majoritairement la forêt sont amenés à être fragilisés par l’évolution du climat. Il sera question, dans les décennies à venir, de diversifier les espèces d’arbres en privilégiant celles qui résisteront davantage aux changements attendus, comme le chêne sessile et le tilleul. La forêt de Soignes est également désignée, depuis 2015, en tant que zone “Natura 2000”, réseau européen de sites naturels ou semi-naturels où l’on s’efforce de maintenir la diversité des milieux naturels et d’améliorer leur qualité.

Et la forêt de Soignes, c’est également un des trésors de Bruxelles, fourmillant d’endroits à découvrir, tous plus beaux les uns que les autres ! L’ancien hippodrome de Boitsfort, le Rouge-Cloître, le parc Tournay-Solvay, le bois de la Cambre, le « Mémorial aux forestiers », le mémorial aux victimes des attentats de 2016, le château des Trois-Fontaines, l’AfricaMuseum, etc. Vous ne vous en lasserez jamais !

Parc Tournay-Solvay

   

Direction Tour & Taxis !

Nouveau pôle d’activités à Bruxelles, ce site gigantesque présente, sur plusieurs ha, un mélange de bâtiments anciens et d’autres récemment construits, sans oublier ses grands espaces verts. Complexe de dédouanement et d’entreposage des marchandises à l’origine, l’endroit est en rénovation progressive depuis quelques années. Savez-vous qu’un des bâtiments emblématiques du site s’appelle la “Gare Maritime”, et qu’il accueillait les convois ferrés ? Suite à sa rénovation, le bâtiment est devenu une référence en matière de durabilité. Le simple fait d’avoir restauré la plupart des éléments historiques est déjà la preuve d’une préoccupation environnementale, sans oublier l’usage massif du bois dans l’aménagement intérieur. On relève encore l’installation de 17.000 m2 de panneaux solaires — qui permettent de se passer de combustibles fossiles — ou encore l’installation du système de vitrage Halio, qui teinte automatiquement les vitres en fonction de la luminosité et de la chaleur donc. 

Alors foncez flâner là, c’est un endroit d’une rare magie !

Intérieur gare maritime

   

En route vers les cités-jardins !

Connaissez-vous vraiment le concept des cités-jardins ? Vous avez peut-être déjà traversé un tel quartier à Bruxelles, sans en être conscient ? Vous savez, ces zones aménagées de façon différente du reste de la ville, en bordure de celle-ci, avec des notes de nature bien plus présentes, des petites rues souvent sinueuses et peu fréquentées, des maisons un peu standardisées et où règne une sérénité toute particulière...

Ces quartiers ont été développés pour la plupart dans les années 1920. L’intention était d’offrir un lieu de vie confortable aux personnes moins favorisées, avec tous les équipements modernes, dans un environnement qui soit à la fois proche de la ville — important pour les ouvriers qui travaillent en ville — et qui en même temps rappelle la campagne par sa tranquillité et par l’intégration d’une végétation abondante. Des villes à la campagne, entend-on fréquemment...

La plus connue des cités-jardins bruxelloises est la cité-jardin du Logis et Floréal, à Watermael-Boitsfort, au Sud de Bruxelles. Mais Bruxelles compte plus de 30 cités-jardins, qui valent toutes le déplacement ! Vous serez souvent surpris par l’atmosphère apaisante de ces lieux, qui contraste parfois avec l’ambiance très citadine qui les entoure ; vous admirerez les arbres et leur floraison somptueuse, ou encore le style architectural, dans certains cas très prononcé et homogène.

Durant ces dernières années, nombre d’entre elles ont fait l’objet de lourdes rénovations. Les constructions étaient vieillissantes et dans bien des cas, on en a profité pour améliorer la performance énergétique des maisons, dont certaines sont des logements sociaux.

Cité-jardin Logis-Floréal

   

Les bâtiments anciens de Bruxelles se mettent également au goût énergétique du jour !

Vous n’êtes pas sans savoir qu’actuellement, la performance énergétique des bâtiments figure au premier plan des priorités du secteur de la construction... avec l’objectif de réduire drastiquement les besoins en énergie. Savez-vous par exemple que la Région de Bruxelles-Capitale impose, depuis 2015, ce qui est tout à fait pionnier, le standard passif pour toute nouvelle construction ? À ce titre, le siège de Bruxelles-Environnement, parfois surnommé “grille-pain”, à Tour et Taxis, ou encore la Tour Astro, près de Madou, sont exemplaires !

Les bâtiments plus anciens sont aussi l’objet d’efforts pour améliorer leur consommation énergétique. Certains bâtiments de la célèbre Grand-Place ont vu leur grenier être précautionneusement isolé en 2011 ; les bâtiments de la Cour des Comptes et du Palais royal, lieux emblématiques du haut de la Ville, sont promis à des travaux d’amélioration de leur performance énergétique à l’horizon 2025 ! Enfin, le Palais de Justice de Bruxelles ne sera pas en reste : on prévoit une restauration complète des façades du bâtiment — en 2030, les échafaudages devraient être démontés, vous ne rêvez pas ! —, avec une attention particulière sur la question de l’énergie perdue par les châssis des fenêtres. Comme quoi, même le patrimoine classé peut être adapté aux exigences du futur...