Balade historique : la Renaissance à Bruxelles

01 juin 2026
Détail d'une œuvre de Bruegel

  

  

La Renaissance, vous connaissez certainement, c’est cette période de grands changements et d’effervescence sur le plan culturel en Europe. Sans nul doute, Bruxelles ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si elle avait fait l’impasse sur la période de la Renaissance. Que serait la capitale belge sans des personnalités comme Charles Quint, Erasme, Bruegel, les comtes d’Egmont et de Hornes, Juste Lipse ou encore van Orley ? On trouve néanmoins dans la ville d’aujourd’hui peu de bâtiments datant du 16e siècle. Il semble que dès la période précédente, l'infrastructure était déjà suffisante pour assurer l'épanouissement de la ville durant les années à venir. Petit tour d’horizon de la prospérité bruxelloise de cette époque, même si tout n’a pas été rose… 

La figure de Charles Quint est immanquablement rattachée à la Renaissance, à l'instar des vestiges de son ancien palais du Coudenberg. L’église Notre-Dame du Sablon, tout comme la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, recèlent nombre de trésors du 16e siècle. Envie d’en savoir plus sur ces highlights de la Renaissance ?

C’est un fait reconnu désormais :  au 16e siècle, Bruxelles jouit d’une grande renommée dans le secteur artistique, et les musées de la capitale – les Musées royaux des Beaux-Arts, le Musée Art & Histoire, KBR museum – en témoignent aujourd’hui massivement. Bernard van Orley est connu pour avoir exécuté des peintures et des cartons de tapisserie de toute beauté. Rappelons qu’au 16e siècle, la ville se distingue dans la production de tapisseries de haute qualité, véritable industrie du luxe de l’époque, qui alimente les résidences princières de l’Europe entière. La famille Bruegel a fourni plusieurs artistes à Bruxelles, dont le plus célèbre est Pieter Bruegel dit l’Ancien, réputé pour ses peintures et gravures à la tonalité si particulière – il se mariera à l’église Notre-Dame de la Chapelle, et y sera inhumé en 1569, une plaque funéraire en témoigne encore dans l’église. Sur la place de la Chapelle, une statue le représente au travail – statue de l’artiste Tom Frantzen. 

L’hôtel appartenant autrefois à la famille Clèves-Ravenstein, aujourd’hui principalement occupé par la bibliothèque de Cinematek, est un des rares exemples de bâtiments bruxellois datant du 16e siècle – même si le noyau de départ date de la fin du 15e siècle. Remarquable ensemble, il est bâti en style gothique brabançon, transposition locale du style bien connu du Moyen Âge.

L’excentrique carillon du Mont des Arts attirera sans peine l’attention de vos oreilles, si vous êtes dans le quartier. Installé là depuis 1965, il est désormais inscrit à l’UNESCO. Celui-ci est décoré de 12 statuettes – correspondant aux 12 heures –, figures importantes de l’histoire bruxelloise, dont Charles Quint et le comte d’Egmont, sur lequel nous revenons un peu plus loin.

Le quartier du Sablon, aujourd’hui chic et paisible, n’a pas toujours connu cette tranquillité. Le palais d’Egmont, datant en partie du 16e siècle, était entouré d’hôtels aristocratiques, dans le voisinage de l'ancienne cour ducale. L'hôtel de Culembourg, rasé en 1568, n’existe plus que par un texte gravé dans la pierre – rendez-vous au numéro 20 de la rue des Petits-Carmes, en levant quelque peu la tête !  Ce lieu fut le point de rassemblement de nobles opposés à la politique de Philippe II, menant à la décapitation des comtes d’Egmont et de Hornes sur la Grand-Place, événement commémoré sur une plaque fixée sur un des piliers de l’entrée de la Maison du Roi.

Le square du Petit Sablon vous emmène également pour un voyage au 16e siècle : le centre du square accueille une statue des malheureux comtes d’Egmont et de Hornes, tandis que le pourtour est orné de statues de personnalités qui ont marqué cette période à Bruxelles.

Impossible d’évoquer la Renaissance bruxelloise sans parler de la Maison d’Érasme, située à Anderlecht. Ce pittoresque ensemble de style gothique a été bâti en deux phases, dont la deuxième en 1515. Il est réputé pour avoir hébergé Érasme en 1521, le grand philosophe et théologien, principal représentant de l’humanisme dans nos régions. N’hésitez pas à visiter les lieux, reconvertis en musée sur la vie d’Érasme et l’univers intellectuel de la Renaissance, ainsi que le béguinage contigu.

On pourrait encore vous raconter des tonnes de choses sur la Renaissance à Bruxelles ! On terminera simplement ce tour d’horizon en mentionnant le nom de Mercator, grand pionnier dans l’histoire de la cartographie, dont certains travaux sont à admirer parmi les collections de KBR.

Envie de briller en société ?

Vous pourrez avancer que la toponymie bruxelloise est bourrée de références à la Renaissance, signe qui ne trompe pas : l’hôpital Erasme, le bâtiment Juste Lipse, l’avenue de la Renaissance, l’avenue Charles Quint, la rue Brederode – du nom d’Henri de Brederode, lui aussi décapité pour avoir rallié le soulèvement contre l’oppression espagnole – etc. Quand on s’y intéresse, la Renaissance est partout à Bruxelles !